Turquie : ce qu’on sait de l’attentat à l’aéroport Atatürk d’Istanbul

Rédigé le Mercredi 29 Juin 2016 à 18:35



Les drapeaux sont en berne en Turquie. Au lendemain de l’attentat-suicide perpétré dans l’aéroport international Atatürk d’Istanbul dans la soirée du mardi 28 juin, ce mardi a été décrété jour de deuil national.

Selon un dernier bilan, le gouvernorat d’Istanbul fait état de 41 personnes tuées et de 239 blessées, dont 130 toujours traités dans les hôpitaux de la ville. 

Le premier ministre Binali Yildirim a expliqué que les assaillants étaient arrivés à l’aéroport à bord d’un taxi. Vers 22 heures (21 heures en France), trois kamikazes ont ouvert le feu dans l’un des terminaux avec des fusils-mitrailleurs contre des passagers et des policiers en faction avant de se faire exploser. Les témoignages des personnes présentes laissent penser que deux d’entre eux se trouvaient dans le hall des arrivées et le troisième dans celui des départs.
 
Ni leur identité ni leur nationalité n’ont été communiquées. Interrogé pour savoir si un quatrième assaillant aurait pu s’échapper, M. Yildirim a précisé que les autorités ne disposaient pas d’éléments confirmant cette hypothèse, mais qu’elles envisageaient à ce stade toutes les possibilités.
 
Suspendus dans les heures qui ont suivi l’attaque, les vols ont repris vers 3 heures, mercredi (2 heures en France), mais selon les tableaux d’affichage un tiers des vols étaient annulés et de nombreux autres retardés. Le premier ministre turc a rejeté toute mise en cause d’une défaillance en matière de sécurité dans l’aéroport Atatürk, le onzième aéroport le plus fréquenté au niveau mondial.
 
Si aucune revendication n’a été reçue pour l’heure, les autorités turques penchent déjà vers l’hypothèse d’un attentat perpétré par l’organisation Etat islamique (EI). « Les indices pointent Daech », a ainsi déclaré le premier ministre. Lors de deux attentats précédents à Istanbul, les autorités s’étaient aussi empressées d’attribuer l’attaque à cette organisation terroriste.

Istanbul a déjà été ciblée trois fois cette année, et les attentats se sont récemment multipliés en Turquie, ayant fait près de deux cents morts et des centaines de blessés. Ces derniers sont liés à deux menaces distinctes : celle qui découle de la reprise du conflit avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), autonomiste et en guerre contre Ankara depuis 1984, et celle représentée par l’EI, qui dispose d’une implantation clandestine importante sur un territoire turc longtemps utilisé comme voie de transit vers l’espace syro-irakien et comme base arrière.
 
L’attaque de l’aéroport d’Istanbul, par son ampleur, sa cible et son mode opératoire, se distingue toutefois de celles précédemment attribuées au groupe djihadiste. Mais elle comporte des similarités avec celle survenue le 22 mars à l’aéroport de Zaventem à Bruxelles, revendiquée par l’EI.

A l’issue d’une réunion de crise, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a vivement condamné un attentat qui visait, selon lui, à « déstabiliser la Turquie en faisant couler le sang des innocents ». Il a également lancé un appel à la communauté internationale :
 
« J’espère vivement que l’attaque visant l’aéroport Atatürk sera un tournant, une charnière, pour la lutte commune à mener, avec en tête les pays occidentaux, sur toute la planète contre les organisations terroristes. »

Washington, qui a dénoncé ces attaques, a promis dans la soirée son soutien à Ankara. « L’aéroport international Atatürk, comme l’aéroport de Bruxelles qui a été attaqué plus tôt cette année [le 22 mars], est le symbole des connexions internationales et des liens qui nous unissent », a affirmé le porte-parole de l’exécutif américain, Josh Earnest.
 
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a, lui aussi, réclamé une coopération internationale accrue pour combattre de tels actes, espérant « que les auteurs de ce crime seront identifiés et poursuivis en justice ». Le président français, François Hollande, a « condamné fermement » un « acte abominable », lors d’une conférence de presse, à l’issue du premier jour du sommet européen à Bruxelles.
 





Source : Le Monde