Enquête sur des cas d'exécutions sommaires par l'Armée Malienne

Rédigé le Lundi 16 Avril 2018 à 17:08



Enquête sur des cas d'exécutions sommaires par l'Armée Malienne

L’affaire commence le 6 avril. Dans un tweet, les forces armées maliennes annoncent que « suite à une présumée tentative d‘évasion, quatorze suspects terroristes ont trouvé la mort (…) à Dioura », dans le centre du pays.

Chez certains observateurs, le doute ne tarde pas à se manifester. S’agit-il d’une « tentative de la part de l’armée malienne de couvrir des actes de barbarie extrajudiciaires », comme s’en inquiète l’association peule Kisal sur sa page Facebook ? Deux jours plus tard, Tiéna Coulibaly, le ministre de la défense, précise que « des suspects terroristes », arrêtés « en possession d’armes de guerre (...) ont trouvé la mort ».

Pour « faire toute la lumière sur cet incident » et « traduire les éventuels auteurs en justice », il annonce l’ouverture d’une enquête par le parquet militaire. L’annonce est immédiatement saluée par la Mission de stabilisation des Nations unies pour le Mali (Minusma).

Jeudi 12 avril, Guillaume Ngefa, directeur de la division des droits de l’homme de la Minusma, informe que la mission de stabilisation des Nations unies au Mali est en train d’enquêter sur ces allégations touchant Dioura, mais pas seulement. Ces investigations, précise-t-il, portent sur des « allégations d’exécutions sommaires d’au moins 27 civils, et des cas de disparitions forcées, dans le cadre des opérations antiterroristes conduites par les Forces de défense et de sécurité maliennes ».

Soupçons de fosses communes

Quelques heures plus tard, le ministre de la défense réagit, à la sortie du conseil des ministres. Prudent, il qualifie l’événement de Dioura comme « un incident qui a conduit à la mort d’hommes ». « Ce que nous savons, c’est qu’il y a eu des morts. Combien ? Comment ont-ils été tués ? Par qui ? Rien de tout cela n’est précis », explique M. Coulibaly, avant d’insister sur la nécessité de poursuivrel’enquête pour que les crimes soient punis, si crimes il y a eu : « Qu’il y ait de temps en temps un militaire qui fasse un acte totalement odieux, je ne dis pas que c’est impossible. Cela arrive partout. Est-ce ce qu’il s’est passé au Mali ? A Dioura ? L’enquête le dira. »


Source: Le Monde